Bonnes fêtes !

Bonjour à toutes et à tous.

Comme vous avez pu le voir, je vous ai délaissés.

C’est que j’ai pas mal de boulot en ce moment. Les travaux que je dois accomplir pour obtenir mon diplôme me prennent énormément de temps. Beaucoup de travail à la maison. Mon « cerveau chimio » est en ébullition. C’est pas toujours facile de se concentrer.

Toujours est-il que je vais placer mon blog en repos forcé quelques temps. Mais rassurez-vous, je vous donnerai des nouvelles de temps en temps.

En attendant, je souhaite à tout le monde de joyeuses fêtes de fin d’année !

A bientôt ! Et surtout, portez-vous bien !

sapin

Opération chambre implantable – épilogue

Oui, oui, je suis toujours là ! Non, non, je ne vous ai pas oubliés. C’est juste que j’ai pas mal de choses à faire en ce moment et que la motivation est quelquefois aux abonnés absents.
C’est ça le problème avec la maladie et ses traitements. On pense qu’on est capable d’abattre des montagnes mais on fatigue vite.

Toujours est-il que, ça y est, j’ai une nouvelle chambre implantable. Youpi ! Finie l’hydratation dans les cuisses. On reprend l’hydratation par le pac (port à cath., autre nom de la chambre implantable).

Lundi dernier, je me suis présentée à l’hôpital à 11h20 (c’est ce qui était demandé dans la convocation), pas tout à fait à jeun (ça, par contre, c’était demandé dans la convocation). Mais après un rapide calcul, sachant que je prends mon p’tit déj à 5h30, je me suis dit que c’était jouable. Et j’ai eu raison, vu que je suis arrivée au bloc vers 13h00.

Mon gentil chirurgien m’avait dit qu’on ferait une anesthésie générale, étant donné que la pose du pac du côté gauche peut prendre un peu plus de temps que du côté droit, c’est-à-dire environ une heure. « C’est pas la peine de vous faire souffrir », qu’il m’a dit.

Tout s’est bien passé. Le personnel soignant était super sympa, ça compte ces choses-là. Ça m’a réconciliée avec l’hôpital, vu que l’extraction du précédent pac ne s’était pas vraiment déroulée sereinement.

En effet, il y a environ un mois, le chirurgien m’avait convoquée à 12h00 pour cette fameuse extraction. Comme je n’aime pas être en retard, j’y étais à 11h30. Après les démarches administratives, la secrétaire m’a emmenée dans une toute petite salle d’attente où, dans la plus grande solitude, je me suis installée.

Vous savez comment c’est. Au départ, on se dit qu’il va sûrement y a voir du retard. Donc, j’avais apporté un petit livre à lire et mon carnet de bord pour y écrire mes impressions. Mais le temps passait, passait, passait, …

A 13h00, je vois mon chirurgien partir. Je commence à m’inquiéter. À 13h30, ne le voyant pas revenir, je décide d’aller demander à l’infirmière du service ambulatoire si, par hasard, on n’ m’aurait pas oubliée. Celle-ci, en grande conversation avec deux « techniciennes de surface » (c’est le terme officiel, désolée), est manifestement dérangée par mon intrusion. «Et ben, il est sûrement parti déjeuner, et puis d’abord, moi, je ne gère pas l’emploi du temps des chirurgiens ». Ben oui, ma p’tite mère, moi ça fait deux heures que je me morfonds dans ma minuscule salle d’attente à me demander quand je vais être prise en charge, que je m’angoisse parce que l’opération se fait sous anesthésie locale et que, voilà, j’ai la trouille.

Je retourne donc, toute penaude parce que j’ai l’impression que je suis coupable de je ne sais pas quoi, dans la salle d’attente où je fonds en larmes. Ben oui, ça m’arrive.

C’est là que le chirurgien m’a retrouvée un quart d’heure plus tard. « Qu’est-ce qu’elle a, ma patiente, elle pleure ? Mais j’avais dit à la cadre du service de vous appeler pour vous dire de ne venir qu’à 16h00. Quelle conne celle-là ! »

Oui, vous avez bien lu, 16h00. Grâce à une personne suffisamment négligente, j’ai poireauté deux heures et demi pour rien. Et grâce à une infirmière qui a laissé son empathie au vestiaire, je me suis culpabilisée pour une faute que je n’avais pas commise.

Comme mon chirurgien a, lui, beaucoup d’empathie pour ses patients, il a tout de suite décidé de me retirer le pac, malgré le fait qu’il avait une opération déjà programmée.

Ça a pris une vingtaine de minutes, un peu plus longtemps que prévu car ma peau était nécrosée et qu’il a fallu la couper avant de tout recoudre. Rien de terrible !

Pour en revenir à la pose du nouveau pac, je suis sortie de ma torpeur anesthésique difficilement (comme d’habitude) et je suis rentrée tranquillement à la maison à la nuit tombée. Je n’ai pas eu mal, sauf au niveau du haut du bras. Mon infirmière de ville m’a expliqué que c’était parce qu’il doit mettre le bras en extension.

Voilà les photos de la radio prise après la pose pour vérifier que tout va bien.

Pour celles et ceux qui voudraient un peu plus d’informations, je vous mets un lien vers le site « sparadrap », dédié aux enfants malades et à leurs parents. Ils ont des petites fiches claires et sympa à lire.

https://www.sparadrap.org/

On aurait pu commencer l’hydratation dans le pac le lendemain mais, comme je suis un peu pétocharde, je n’ai pas osé et on a repiqué dans la cuisse. Par contre, le surlendemain, on a repris l’hydratation habituelle et tout s’est bien passé.

Je remercie mon chirurgien pour son humanité. Je n’en veux pas à l’infirmière qui m’a mal reçue car je pense qu’elle ne fait pas un métier facile. Cela dit, je lui souhaite de ne jamais être dans la situation du malade qui est fragilisé par la maladie et les traitements et qui, psychologiquement, peut craquer à tout moment.

Allez, je vous laisse. La prochaine fois, je vous parlerai de l’Université des Patients.

A bientôt. Et surtout, faites attention à vous !

Opération chambre implantable – phase 1

Comme je l’ai dit il y a quelques temps, la peau au niveau de ma chambre implantable s’est considérablement abîmée, nécrosée disent même mes infirmières. A tel point qu’il est maintenant impossible d’y planter une aiguille de Huber. Je l’ai donc signalé à mon oncologue qui m’a dit de m’adresser au chirurgien qui me l’avait posé afin de l’extraire le plus rapidement possible.

Non, en fait, mon oncologue m’a dit qu’il allait demander à son secrétariat de contacter celui du chirurgien et qu’on m’appellerait. Seulement, au bout de 10 jours, pas d’appel. Oubli ? Je ne sais pas mais j’ai fini par prendre moi-même le rendez-vous. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Mais on a quand même perdu 2 semaines.

Rendez-vous avec le chirurgien prévu le 20 octobre. La veille, sa secrétaire m’appelle pour me dire qu’il est annulé et reporté la semaine suivante. Alors là, j’ai dit NON. Faut pas pousser. J’ai donc obtenu à l’arrache un rendez-vous le 21 octobre.

Quand il m’a vu arriver, mon chirurgien, celui qui m’a aussi posé la stomie, m’annonce direct que je suis maigre et que c’est en partie la cause du problème de la chambre implantable.

Mais non, je suis pas maigre. 56 kilos c’est bien. C’est mieux que 43 kilos fin 2014.

Bon, bref, il programme l’extraction pour le 27 octobre, à midi pile, si je ne reçois pas de nouvelles d’ici là.

Oui mais, en attendant, on fait comment pour l’hydratation ? Essayez en sous-cutané, qu’il me dit.

Quand j’annonce cette suggestion à Céline, une de mes 2 infirmières chéries, elle est plutôt dubitative. Oui, me dit-elle, c’est faisable mais tu vas voir, c’est pas très agréable.

Et ben, je confirme, c’est pas agréable. Je dirais même plus, c’est carrément cauchemardesque.

Alors, voilà comment ça se passe : on pique dans le gras du ventre (quand il y en a, du gras, pas du ventre) un peu en dessous du nombril et on perfuse par là. Oui mais, quand on perfuse dans la chambre implantable, le liquide se transmet dans tout le corps par intraveineuse. Tandis que, dans le bide, le liquide a beaucoup plus de mal à se diffuser. Le ventre gonfle et ça fait mal. Je ne suis pas douillette mais c’est assez douloureux. Céline a posé l’aiguille vers 17 heures avec un débit normal de 87ml/h. Quand elle est revenue vérifier vers 20 heures, je n’en pouvais plus : douleur, nausées, pas le moral.

Elle a donc diminué le flux de moitié. C’était un peu mieux mais ça a quand même été difficile à supporter. Quand elle est venue le lendemain matin pour tout retirer, j’ai pensé que ça irait mieux. Mais c’était sans compter sur le demi-litre de sérum physiologique péniblement injecté qui avait décidé de squatter mon ventre et d’y rester le plus longtemps possible. C’était il y a une semaine et mon ventre ne s’en est pas tout a fait remis. C’est dire à quelle vitesse le liquide s’évacue.

Donc, avec Céline, nous avons testé une autre méthode : perfusion dans le bras, c’est à dire dans la seule et unique veine qu’il me rester dans le bras droit et qui sert aux prises de sang, injections de liquides divers et variés pour les examens médicaux, bref, qui sert à tout. C’est pas très agréable mais ça fait moins mal. Seulement, au bout de 2 jours, le bras a commencé à enfler et la veine n’est pas en très bon état. On va la laisser se reposer.

Donc, cette semaine, nous allons tenter l’hydratation sous-cutanée dans la cuisse !

On va bien voir ce que ça donne. Je vous tiens au jus.

Dans mon prochain article, je vais vous raconter ce qui m’est arrivé à l’hôpital lors de l’extraction de la chambre implantable. Vous allez rire (ou pas).

Allez, je vous laisse. Aujourd’hui, je garde mon petit-fils Milo car ses parents font la fête ce soir.

A plus, et surtout faites attention à vous !

L’Université des Patients – Acte 1

au pied du mur blog

Et bien voilà ! J’ai démarré ma formation à l’Université des Patients. Premières journées le 17 et le 18 octobre. Je me familiarise avec l’équipe pédagogique et les autres élèves avec lesquels je vais partager tant de choses. Tout est maintenant à construire.

Pour faire quoi ? Un métier qui n’existe pas encore, qu’il m’incombe d’inventer, de créer, de porter.

En serai-je capable ? Je ne sais pas. Pas encore. C’est un projet qui doit germer, pousser, mûrir. Le processus est lancé. A moi de concrétiser, de réfléchir, de trouver l’idée, les idées. A mon imagination de travailler. Quelle ambition !

Peur de quoi ? De tellement de choses : de décevoir, de ne pas être à la hauteur, de me planter.

Bon, me voilà au pied du mur. A moi de faire mes preuves. J’ai du soutien : mes proches, mes infirmières, ma sophrologue. Je sais aussi que le groupe que je viens d’intégrer sera là pour m’épauler quand je faiblirai et que l’équipe pédagogique, formidable d’humanité, sera derrière moi.

J’ai confiance. Je vais réussir.

La suite au prochain épisode, dans un mois environ.

A plus !

Mea Culpa !

Je le reconnais, je n’ai pas été très productive ces derniers temps.

Mais j’ai des excuses. Je me prépare pour ma rentrée scolaire qui aura lieu …. demain !

A bientôt 60 ans, je vais mettre les pieds dans une université pour la première fois de ma vie. Et oui, je ne suis qu’une pauvre bachelière.

Et pas n’importe quelle université. La fac de médecine Pierre et Marie Curie. Non, je ne veux pas devenir médecin. A l’âge que j’ai, j’aurais peut-être du mal à terminer le cursus.

En fait, je prépare un diplôme universitaire, « Mission d’accompagnement de Parcours du patient en cancérologie » à l’Université des Patients, créé par le Professeur Catherine TOURETTE-TURGIS. Il s’agit (je cite la fiche de présentation du diplôme) de :

« Former des patients-experts à l’accompagnement de parcours de soin en cancérologie en partenariat et en appui avec des soignants impliqués dans la coordination du parcours patient. Former des professionnels de santé et du social à l’intégration des patients experts dans le parcours patient en cancérologie. »

Il y a 120 heures de cours dont 98 heures en présentiel et 22 heures de travail en e-learning et personnel.

J’ai une trouille pas possible car, comme d’habitude, j’ai peur de ne pas être à la hauteur. Mais je sais que je vais gérer. Il faut juste que je me familiarise avec l’équipe pédagogique et les autres élèves. Et ça ira, enfin j’espère.

Bon, allez, je vous laisse. Je vais préparer mon cartable !

Je vous tiendrai au courant de la suite des évènements.

A bientôt. Et surtout, portez-vous bien !

 

 

Génial générique

génial générique blog

Pas top le dessin aujourd’hui. Au cas où vous ne l’auriez pas reconnu, c’est un médicament fâché.

Bon, je sais, je coûte cher à la Sécurité Sociale. Et à la société en général. Entre mes traitements de chimio et d’hormonothérapie, mes examens médicaux, mes visites chez le médecin, ma pension d’invalidité, mes allocations chômage. Et je dois en oublier.

Il faut dire ce qui est, je n’ai pas fait exprès d’avoir un cancer métastatique du sein qui a eu la bonne idée de venir se nicher au creux de mon péritoine.

Cela dit, ça m’a fait un drôle de choc quand ma pharmacienne m’a dit, il y a quelques semaines, que désormais j’aurais droit au générique de mon médicament de chimio. « Ben oui, vous comprenez, c’est beaucoup moins cher ! ».

Oui, en effet, c’est beaucoup moins cher : 160 euros pour 120 comprimés, au lieu de 280 euros. Je ne suis pas contre les génériques. La preuve, c’est que je prends l’équivalent générique de mon médicament d’hormonothérapie et que je n’ai, jusqu’à présent, pas eu de problèmes.

Alors j’ai dit d’accord. De toute façon, je n’avais pas trop le choix.

Mais voilà, depuis la mi-août, je prends ce générique et , coïncidence ou pas, les ennuis n’ont pas arrêté de me tomber dessus. On a commencé par les pieds. Depuis le début du traitement, ils sont abîmés, mais tout d’un coup, ils se sont mis à me brûler, la peau a commencé à partir et des crevasses à apparaître. A tel point que j’ai l’impression de marcher avec des graviers dans mes chaussettes. Mes mains s’y sont mises aussi et non seulement elles me brûlent mais j’ai maintenant des problèmes de préhension.

J’ai aussi commencé à avoir des nausées et à perdre l’appétit, moi qui ai tendance à tout le temps manger. En plus, la peau autour de ma chambre implantable a commencé à se nécroser.

J’ai voulu en avoir le cœur net : je sais que la molécule des médicaments génériques est la même que celle des originaux mais je sais aussi que, souvent, il y a des excipients différents. J’ai donc pris ma panoplie de détective et je suis partie à la recherche des composants du générique (Biogaran pour ne pas le nommer) et j’ai découvert que la différence réside dans le fait que le Biogaran comporte du macrogol 400 et du silice colloïdale anhydre mais pas de lactose.

Je ne suis pas chimiste, je n’y connais rien mais force est de constater que j’ai des effets secondaires que je n’avais pas eu jusqu’à présent. Bien sûr, j’en suis à plus de 2 ans de traitement et une trentaine de cures. Il est possible que mon corps commence à mal réagir au traitement.

Et mon oncologue, que j’ai vu la semaine dernière, a eu cette réponse géniale à mes interrogations : « Cela prouve que le traitement fonctionne ». Ben oui, mon bonhomme, on voit que t’es pas dans mon corps ni dans mes chaussettes. Sinon, tu dirais pas ça. Y a des claques qui se perdent ! Il s’est contenté de baisser le dosage de 2500mg à 2000mg par jour. Je ne suis pas sûre que le problème soit résolu.

Alors, j’ai de nouveau endossé ma tenue de Sherlock Holmes et j’ai cherché sur internet tous les génériques du Xeloda et leurs excipients. Sur 6 génériques, j’en ai trouvé 2 qui ont la même composition. Je vais donc demander à ma pharmacienne de me commander un de ces médicaments en croisant les doigts pour que ça marche. Et que je puisse enfin marcher normalement.

Voilà ! Je vous tiens au courant de l’évolution des choses d’ici quelques temps.

D’ici là, je vous laisse. A plus, et surtout portez-vous bien !

Passeuse pas sage

passeuse pas sage

Je suis une passeuse pas sage, m’a dit Christine, ma sophrologue. C’est une définition qui me plaît bien.

Passeuse de quoi ? D’idées, d’histoires, de bonne humeur, d’optimisme, de mes modestes connaissances.

Pas sage ? Non, pas sage. Ne vous méprenez pas. Pas sage, comme les enfants qui ne veulent pas écouter les grands, qui ne sont pas prêts à rentrer dans le moule.

Un peu rebelle aussi. Qui jusqu’à présent n’a pas osé montrer ses différences. Qu’on trouve un peu bizarre. Qu’on traite de pas très sociable.Qui ne se maquille pas, qui se moque de la façon dont elle est habillée. Qui n’est pas rentrée dans le moule, quoi !

Oui, j’aime les films fantastiques et de science-fiction. Oui, je regarde les dessins animés. Non, je n’aime pas les films tristes. Non, je ne suis pas obsédée par la mode.

Pourquoi serions-nous toutes et tous obligés de suivre une route toute tracée, d’adhérer à la dernière tendance alimentaire ou d’être d’accord avec tout le monde ?

Moi, je veux être libre de faire ce que j’ai envie. Je ne veux pas déranger les autres mais je veux qu’on m’accepte telle que je suis. Même si je suis un peu « chelou ». Je veux pas qu’on m’embête, un point c’est tout.

Ben non, je suis pas sage !

Allez, je vous laisse. A plus, et surtout portez-vous bien !

Projet de bande dessinée tactile

C’est quoi, une bande dessinée tactile ? C’est une publication destinée aux personnes non-voyantes et malvoyantes.

Un projet vient d’être lancé sur le site « ulule » pour financer la création d’un album en relief. Cela permettra de développer l’accès à l’image pour les déficients visuels. Pourquoi en seraient-ils privés ?

Alors, si vous êtes intéressés par ce projet, rendez-vous sur la page

https://fr.ulule.com/bout-des-doigts/

Et si le coeur vous en dit, contribuez à ce projet. Vous pouvez donner à partir de 5 euros.

Merci d’avance et à bientôt.

 

SOS toilettes

Je suis un peu « vénère » aujourd’hui. Bon, c’est vrai, il en faut pas beaucoup pour m’énerver.

Quelle est donc la raison de mon emportement ? Les toilettes. Ben oui, les toilettes.

Quand on est iléostomisé, on a besoin de vider sa poche de stomie très souvent. Enfin, pour moi c’est le cas. En moyenne, je vidange une bonne quinzaine de fois par jour. Je n’exagère pas, croyez-moi.

Dès que je mange, dès que je bois, c’est mécanique, mon estomac se vide et ma poche se remplit. En pratique, ça veut dire quoi ? Cela veut dire que je suis bien embêtée (devrais-je plutôt dire emmerdée ?) quand je dois aller quelque part, prendre les transports en commun, ou aller au cinéma.

C’est l’angoissante question « où sont les toilettes ? ».Et accessoirement « est-ce que ma poche ne va pas exploser ? ».

Un exemple : il y a quelques semaines, je me suis inscrite à Pôle Emploi. Donc, rendez-vous dans l’agence la plus proche de mon domicile pour rencontrer ma conseillère. Après un entretien, au demeurant fort sympathique, d’une bonne heure, je lui demande où sont les toilettes. C’était après déjeuner et ma poche commençait à gonfler de façon inquiétante. Et là, elle me répond que depuis le début du plan vigie pirate les toilettes ne sont plus accessibles aux allocataires. Mince alors ! Et quand tu fais un stage d’une journée dans les locaux, tu fais comment ? Tu manges pas, tu bois pas et t’as une petite chance de tenir pendant plusieurs heures. Sinon, …..

Ma conseillère a été très sympa, elle m’a laissée utiliser les toilettes des employés. Mais bon, c’est pas la solution.

L’autre jour, je suis allée au cinéma. Le film durait plus de 2 heures. Et de nouveau la question « est-ce que ça fait tenir ? ». Je suis allée vidanger juste avant et j’ai tâté la poche pendant tout le film pour vérifier qu’elle ne se remplissait pas trop vite. Heureusement qu’on était dans le noir, sinon les gens auraient pu croire de j’étais en train de me tripoter !

Avant-hier, je suis allée à Paris. Je n’ai rien bu ni mangé avant de partir pour pouvoir tenir pendant au moins le trajet en RER. C’est pas une solution.

Et alors, elle est où la solution ? Après quelques recherches sur internet, j’ai découvert qu’il existe une association, l’AFA (Association François Aupetit), dédiée aux personnes souffrant de MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) qui, si l’on devient membre, propose une carte « urgences-toilettes ». Malgré le fait que je ne souffre pas de MICI mais d’un cancer du péritoine, je me suis inscrite comme membre. Il semblerait que cette carte puisse aider à avoir accès aux toilettes plus facilement. Mais ce n’est pas un document officiel. Donc, à tester. Mais je ne suis pas convaincue.

Voilà à quoi ça ressemble

carte urgences toilettes blog

En tout cas, ça serait bien de pouvoir avoir une carte officielle qui préciserait que l’on doit utiliser les toilettes en priorité. Dans n’importe quel lieu public ou commerce. On n’a pas choisi d’être stomisé. Alors, autant nous faciliter un peu les choses.

Bon, allez, après ce petit moment de mauvaise humeur, je vous laisse.

A plus ! Et surtout portez-vous bien !

 

Le bruit, mais pas l’odeur

bulles blog

 

On me demande souvent si ma stomie « sent ». Non, ma stomie n’a pas de narines, elle ne sent rien.

Bien sûr, j’ai bien compris que la question était plutôt : « est-ce que des odeurs se dégagent te la stomie ? ». Là, la réponse est oui. Ce sont des selles qui en sortent, donc il y a odeur. La seule différence avec les selles « normales » c’est que la distance est courte entre l’estomac et la sortie et qu’il n’y a pour ainsi dire pas de transformation. Mes selles sentent ce que je mange.

Heureusement pour moi, et tous mes collègues stomisés, les fabricants de poches ont pensé à tout et ont eu l’idée géniale d’intégrer un petit filtre sur celles-ci. Ce petit filtre permet aux odeurs de rester à l’intérieur. Leur durée d’efficacité est d’environ 24 heures, d’où la nécessité de changer la poche tous les jours.

Des odeurs non, mais du bruit oui. Et oui, c’est bavard une stomie. Elle se manifeste la stomie. Quelquefois discrètement, souvent bruyamment. Et puis là, pas moyen de se retenir. Je vous rappelle qu’il s’agit d’un morceau d’intestin qui ne possède aucun muscle pour le contrôler.

Alors, il y a différents types de bruitages.

Tout d’abord, le « psssttt », quasiment inaudible, le plus discret de tous. Et puis, le petit « glouglou ». Lui aussi passe pour ainsi dire inaperçu, sauf si je suis dans une pièce où règne le silence.

Le petit « prout », il y a que moi qui l’entend. Il est quelquefois suivi du petit glouglou.

L’intensité du glouglou tout seul dépend de ce que j’ai mangé (ou bu). Il va du petit débit du robinet aux chutes du Niagara. Là, ça devient un peu moins discret.

Et puis, il y a l ‘énorme prout. Alors, celui-là, il est redoutable. Il arrive toujours au mauvais moment. Quelque soit le bruit ambiant, on l’entend, je veux dire tout le monde l’entend. Je me rappelle l’année dernière, chez le notaire, pour signer l’acte de vente de l’appartement de ma maman, entourée de messieurs bon chic bon genre (des notaires, quoi) en costume cravate. Et tout d’un coup, ma stomie qui se réveille et qui me produit le plus sonore des bruits.

Dans ce cas-là, surtout si le prout est perlé (il produit des répliques), je sens le malaise s’installer. Les gens se regardent. Je les entends penser « c’est qui qu’a fait ça ? ». Et ben, c’est moi. J’y peux rien, je contrôle pas. J’ai juste envie d’être ailleurs, très loin.

J’ai mis du temps avant d’arrêter de m’excuser. Après tout, je ne suis pas responsable des bruits que je produis. Maintenant, je me contente de dire avec un large sourire «  vous inquiétez pas, c’est ma poche ! ». Et puis c’est tout.

Alors, vous toutes et tous, stomisées et stomisés, un seul conseil : prenez ça à la rigolade ! La plupart du temps, votre stomie a amélioré votre vie. Quelquefois elle vous l’a même sauvée.

Revendiquons le droit d’être bruyants. Respectons notre stomie et adoptons ce slogan :

« Liberté de faire du bruit pour la stomie ! »

Allez, j’arrête mon délire et je vous laisse.

A bientôt et surtout, portez-vous bien !