Bénévole … ou pas ?

Je dois dire que je me pose cette question depuis un certain temps.

Nous en avons beaucoup discuté à l’Université des Patients et le moins qu’on puisse dire c’est que les avis sont plutôt contrastés.

Bien sûr, notre diplôme de « Mission d’accompagnant de parcours du patient en cancérologie » nous donne une légitimité et doit nous permettre de prétendre à une rémunération.

Mais, bien que la notion de « patient-expert » soit maintenant reconnue, ce n’est pas encore un métier. Et il nous reste à faire nos preuves.

J’ai commencé à contacter des employeurs potentiels, par courriel, pour proposer ma « collaboration » à l’élaboration de documents d’information pour les patients. Je leur ai aussi proposé de partager mes connaissances et mon expertise avec d’autres malades lors de réunions ou de colloques. Bon, franchement, jusqu’à présent, je n’ai eu aucune réponse.

Par contre, la responsable 3C de l’hôpital où j’ai effectué mon stage m’a sollicitée pour participer à la refonte du classeur d’information du patient. Et ça, ça m’intéresse. Seulement, c’est sur la base du bénévolat. Mais j’ai accepté.

Mes infirmières de ville m’ont aussi demandé si je pouvais aider certains de leurs patients qui ont du mal à gérer leur maladie. Je leur ai dit que c’était mon rôle de « patient expert ». Mais je ne peux pas envisager de réclamer de l’argent à ces personnes.

Car la question est de savoir si j’attends une offre d’emploi rémunéré qui n’arrivera peut-être jamais ou si je me lance dans le bénévolat. Il est peut-être nécessaire pour moi de faire mes preuves, d’étoffer mon expérience, pour pouvoir ensuite prétendre à un emploi rémunéré. Ou pas … De toute façon, je ne peux pas rester sans rien faire. Je m’étiole.

Et puis, au fond de moi, j’ai plutôt l’âme d’un bon samaritain et ça ne me gêne pas de faire ce que j’aime et qui me passionne sans être payée.

J’entends déjà celles et ceux qui vont réagir à mes propos : « mais non, tu as un diplôme, tu dois être rémunérée ! ».

C’est vrai. Mais moi, je veux aider les autres à traverser cette période difficile. C’est ça mon but. Alors, si c’est pas payé, ben tant pis ! Je le ferai quand même.

Bon, par contre, je ne sais pas si Pôle Emploi va apprécier. Mais à 60 ans, avec un cancer métastatique, une stomie digestive, un traitement aux effets secondaires invalidants et une hydratation quasi quotidienne par perfusion, je ne vois pas trop qui voudrait m’embaucher.

Ça m’a fait du bien d’écrire tout ça. C’est peut-être un peu décousu mais ça m’a permis de clarifier mes idées. Et je suis sûre de ne pas être la seule à me poser la question.

Allez, je vous laisse. À bientôt. Et surtout, prenez soin de vous !