Ce que je suis

ce que je suis illustration

« Deviens ce que tu es » m’a dit, lors de notre dernière séance, Christine, ma sophrologue.

Il a 3 ans, j’avais une récidive de cancer. « J’avais », ma vie a tourné autour de ce verbe durant des mois. Tout dans ma vie était en relation avec le cancer : mon traitement, mes effets secondaires, mon poids, ma stomie, ma fatigue. Les plaquettes fondues comme neige au soleil et la promesse d’une hémorragie interne imminente me faisaient entrevoir la porte vers un monde meilleur que je n’étais pas tout à fait prête à explorer.

J’étais enfermée dans une bulle avec la maladie et l’issue du combat que je menais n’était pas trop en ma faveur.

Franchement, en mai 2015, j’ai cru que j’allais mourir. Vraiment. Mon foie était aux abonnés absents. Les médecins avaient trouvé une infiltration médullaire. La chimio avait été arrêtée. J’étais au fond du trou .

C’est à ce moment-là que j’ai poussé la porte du cabinet de Christine. Sans savoir à quoi m’attendre. Et je ne le regrette pas.

En parallèle, devant la prescription du bout des lèvres, un peu contraint et forcé, d’une chimio « palliative » (le mot qu’on aime pas trop), mes fils et moi avons sollicité un deuxième avis. Et c’est ainsi que je suis désormais traitée à la Capécitabine et au Letrozol et que, pour l’instant, ça marche.

Si les médicaments ont soigné mon corps, Christine a pris soin de mon esprit. Elle m’a appris à prendre de la distance, à gérer mes angoisses, à vivre le moment présent.

C’est elle qui m’a suggéré de créer un blog. C’est aussi grâce à elle que j’ai entendu pour la première fois le terme de « patient expert », que je me suis renseignée, que je me suis inscrite au diplôme universitaire d’accompagnement du patient en parcours de cancérologie, que j’ai été acceptée.

Elle m’a redonné confiance en moi, elle m’a poussée, elle m’a tirée. Nous nous voyons maintenant une fois tous les deux mois, je lui raconte ma vie, nous discutons, elle m’aide à résoudre mes problèmes, à me reconstruire.

Tout ce dont j’avais besoin pour remonter la pente, pour survivre, était là, en moi, bien caché. Elle m’a aidée à me redécouvrir, à redevenir une battante, une combattante.

Et maintenant, je peux dire que « je suis ». J’ai toujours la maladie quelque part en moi, je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je sais où je vais. Des obstacles, il y en aura toujours. Des mauvais jours aussi. Mais j’existe, j’ai un but et je vais bien dans ma tête.

Alors, pour tout ça, merci Christine, mon capitaine au long cours.

Pour celles et ceux qui sont intéressés par le travail de Christine, voici les liens vers sa page Facebook et son site :

https://www.facebook.com/christinebugarinmaisonmedicale

https://www.christine-bugarin.fr/

Bon, allez, je vous laisse.

A plus. Et surtout, portez-vous bien !

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