Guérie ….. ou pas

Quand je croise des voisins dans la rue ou que je rends visite à des amis, leur réaction est toujours la même :

« Mais t’as bonne mine !  » , « Ben dis donc, t’as bien grossi ! » , « Alors, ça y est, t’es guérie ! »

Je ne leur en veux pas, aux gens. Parce que c’est vrai que j’ai bonne mine, c’est vrai que j’ai grossi. Mais non, je ne suis pas guérie. Je suis en rémission, c’est différent. La définition de la rémission selon le site Doctissimo est le suivant : « un intervalle de temps au cours d’une maladie chronique, pendant lequel les symptômes sont atténués et peuvent même disparaître ».

Tout est dit. Rémission n’est pas guérison. J’en ai eu la preuve en 2014, plus de 10 ans après la fin du traitement de mon cancer du sein quand les métastases de ce même cancer ont décidé de migrer et de s’installer tout  à fait clandestinement dans mon péritoine.

Oui car, contrairement à que certains médecins m’ont fait comprendre, les métastases du cancer du sein peuvent se loger dans le péritoine. Petit rappel d’anatomie : le péritoine est la membrane qui tapisse l’intérieur de la cavité abdominale et couvre des organes tels que l’estomac, l’intestin, le rectum, la vessie et l’utérus. Cette couche est riche en vaisseaux lymphatiques qui agissent comme des systèmes de défense de l’organisme. Mon cancer est secondaire mais, dans de rares occasions, le cancer péritonéal peut être primaire.

Donc, non, je ne suis pas guérie et personne ne peut dire que la maladie ne va pas réapparaître un jour ailleurs. C’est comme ça. Il faut accepter l’incertitude.

C’est pourquoi je suis toujours sous chimiothérapie, qu’on fait une prise de sang tous les mois avec marqueurs, que j’ai rendez-vous avec l’oncologue tous les trois mois et que je passe un Petscan tous les six mois.

Et puis, si vraiment j’étais guérie, mon côlon transverse aurait retrouvé sa forme originelle, je n’aurais plus besoin de ma stomie, ni d’être hydratée par perfusion plusieurs soirs par semaine pour éviter la déshydratation. Mes pieds et mes mains ne seraient pas en feu à cause du syndrome « mains-pieds » dû à la chimio. Je ne serais pas tout le temps fatiguée et je n’aurais plus de problèmes de concentration et de mémoire.

Soyons clairs, je ne m’apitoie pas sur mon sort. Je suis là et c’est le principal. Ce que j’essaie de vous dire, c’est que la maladie ou le handicap peuvent être là même si on ne les voit pas et que c’est quelquefois difficile pour le malade de faire comprendre que, non, nous n’allons pas si bien que ça. La menace est toujours là. Physiquement et psychologiquement, c’est souvent lourd à porter.

Bon, je vous poste une petite photo que j’ai prise ce matin en allant faire les courses. Et oui, même en banlieue parisienne, on a de très beaux arbres.

arbre chilly

Allez, je vous laisse. Je vais essayer une recette de muffins aux framboises. Si c’est réussi, je la recopierai sur mon blog.

A plus ! Et surtout, portez-vous bien !

 

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