The visit 2

« Vous êtes spéciale ! ». ça c’est un super compliment, enfin je le prends comme ça. Enfin, bon, ça vient de mon chirurgien avec lequel j’avais rendez-vous hier. De sa part, je ne suis pas sûre que ce soit un compliment, après tout.

Je retournais le voir hier pour lui montrer les résultats du lavement baryté qu’il m’avait prescrit. Ah, le lavement baryté, quelle expérience ! J’ferais pas ça tous les jours, comme disait une pub du siècle dernier.

Pour celles et ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit, c’est un examen des intestins qui consiste d’abord à les vider à l’aide d’un super breuvage qui vous donne une super diarrhée (ça, j’y ai échappé vu que mes intestins sont vides depuis plus de 2 ans). Puis, on vous injecte dans le rectum un produit de contraste qui permet de voir les intestins. Ensuite, on passe une série de radiographies. Ce fut une expérience inoubliable. Désagréable, douloureux, et tout, et tout. En plus, au bout d’un moment, vu que mes intestins sont en cul de sac, le produit a commencé à faire le trajet en sens inverse et je me suis fait caca dessus. Mais j’ai même pas eu honte. ça m’a tellement soulagée. C’était le pied !

Or donc, au vu des résultats de l’examen, mon chirurgien m’a dit que j’étais spéciale. Comme si je ne le savais pas déjà ! Je ne fais rien comme les autres. Les métastase de mon cancer du sein se sont nichées dans mes intestins, ce qui est, m’a-t-on dit, assez rare; Le traitement au Taxol a flingué mon foie. Mon usine a produire des globules rouges est tombée en rade sans qu’on sache vraiment pourquoi. A la surprise de tous les spécialistes, comme je suis spéciale, je me suis battue comme une sauvage contre la maladie quand on m’a dit qu’on ne pouvait plus rien faire pour moi. Et je suis toujours là un an après.

Bon, pour en revenir au chirurgien, il est perplexe. D’abord, une grande partie des mes intestins ont un aspect « tubulé ». A première vue, c’est pas bien. D’après ce que j’ai compris de ses explications, ils sont encore trop étroits et pourraient faire « péter » la cicatrice de la stomie s’il rétablissait la continuité. Il y aurait bien une solution : couper une grande partie du côlon et relier le reste au début du côlon transverse. Seul inconvénient : j’aurais tout le temps la diarrhée. Alors franchement, quitte à avoir la diarrhée, je préfère que ce soit dans la poche de la stomie que dans ma culotte ! Là, au moins je gère.

Et à la question fatidique « vous pensez que ça peut s’arranger ? », la réponse qui tue « je ne sais pas ». Et là, tout d’un coup, un gros coup de blues, l’envie de m’assoir par terre et de pleurer un bon coup. Mais bon, je ne suis pas comme ça. Donc, on ne sait pas si on pourra rétablir la continuité un jour. Il m’a conseillé de demander à l’oncologue ce qu’il en pense. Je vais le voir le 11 août, parce que, bien sûr, je ne pars pas en vacances, moi.

Mais je me dis que, si cette situation doit durer encore longtemps, je vais réorganiser ma vie. Je vais quand même prévoir de partir en vacances une semaine, pas trois semaines aux Etats Unis, comme j’avais prévu initialement, en France, et je m’arrangerai pour trouver une infirmière qui me posera mes perfusions d’hydratation tous les soirs. Parce que j’ai envie de retrouver une vie presque normale et que j’ai besoin de changer d’air.

Et puis, peut-être qu’on finira par la remettre cette foutue continuité.

En tout cas, quand mon fils Stéphane est parti ce matin en vacances pour 4 semaines aux USA, j’ai quand même eu la larme à l’oeil. Mais je lui souhaite un excellent séjour là-bas.

Allez, la suite au prochain numéro. A plus !

2 réflexions sur “The visit 2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s