Mes enfants

J’ai trois garçons. Ivan, le chef d’entreprise, papa d’un adorable petit Milo, accro au travail, le téléphone vissé à l’oreille ; Alexandre, l’artiste, dessinateur et scénariste de bande dessinée ; Stéphane, l’astrophysicien, la tête dans les étoiles, à la poursuite des mystères de l’univers.
Ces trois-là m’ont sauvé la vie. Ne vous méprenez pas. Je ne dis pas que les traitements médicamenteux n’ont servi à rien. Au contraire, ils m’ont permis d’être encore vivante aujourd’hui, en rémission pour l’instant.
Non, ce que je veux dire c’est que mes enfants m’ont soutenue, m’ont réconfortée, m’ont portée à bout de bras dans les moments difficiles. Ils étaient là. Ils n’ont pas cherché à me rassurer quand j’ai cru que la fin était proche. Ils ont partagé mes angoisses, ils ont accepté le fait que l’aventure pouvait s’arrêter à tout moment. Ils ont souffert mais ils ne l’ont pas montré. Ils ont été aux petits soins pour moi, toujours attentifs à mes besoins et pleins d’attention. Ils ont fait ce qu’il fallait pour que je mène mon combat dans les meilleures conditions possibles. eux et moi avons bravé la maladie, nous en avons ri à chaque fois que nous pouvions. Nous lui avons montré qu’elle ne nous faisait pas peur.
Cela n’a pas été le cas de tous les membres de ma famille. Ma maman était très angoissée. C’est normal, c’est ma maman.
Le plus dur a été d’accepter les angoisses de mon mari. Lui qui était censé m’aider et me soutenir a fait tout le contraire. Je ne lui en veux pas. Il a eu peur. Pour moi, c’est sûr, mais aussi pour lui. Peur de la maladie, peur de se retrouver seul, peur de la mort ? Je ne peux pas dire car il n’a pas réussi à extérioriser ses angoisses, contrairement à moi qui ai besoin de parler.
Toujours est-il qu’au lieu de me soutenir et d’accepter que je pourrais ne pas gagner ce combat, il s’est acharné à vouloir me sauver. Il voulait m’obliger à changer d’hôpital, il trouvait les médecins nuls, les traitements inefficaces, il voulait d’autres avis. J’ai ressenti son comportement négatif comme un obstacle supplémentaire. Je n’ai pas pu l’emmener avec moi aux consultations avec l’oncologue, j’avais trop peur des ses réactions.
Je l’ai exclus de mon combat, je sais qu’il en a été blessé, il croyait bien faire mais ça n’était pas le cas. Je cherchais la sérénité et il ne m’apportait que de l’angoisse. Pour moi c’était une question de survie.
Je pense que cette situation a créé une fracture dans notre couple et je ne suis pas sûre que l’on puisse la réparer.

Mais je suis sortie plus forte de ce combat. J’ai pris de la distance. J’ai fini par trouver une certaine forme de sérénité. Et ça, c’est important pour continuer la route.

Allez, à plus !

LES TROIS FRERES
Stéphane, Alexandre, Ivan et Claire, ma jolie belle-fille

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