Mes petits bonheurs

Et oui ! J’ai des petits bonheurs. C’est pas grand-chose mais ça me fait plaisir. Par exemple, le matin, après le petit déjeuner, je bois une bonne tasse de thé, assise dans mon fauteuil, tout en regardant le soleil se lever, le jardin prendre vie et les perruches passer dans le ciel. Oui, en région parisienne nous avons des perruches, et pas qu’un peu. Elles sont arrivées là un peu par hasard, il y a pas mal d’années dans un container qui s’est brisé à l’aéroport d’Orly. Depuis, elles se sont très bien adaptées à notre climat et tous les jours elles quittent leurs nids pour trouver de la nourriture et elles reviennent le soir. On ne risque pas de les rater car elles font un raffut pas possible. Elles sont superbes avec leurs couleurs jaunes ou vertes. De temps en temps l’une d’elles s’arrête pour se reposer et on a le temps de l’admirer.

J’aime bien regarder les oiseaux dans le jardin. Il y a des pies, des colombes, des pigeons ramiers et même un ou deux piverts. Et bien sûr des mésanges. Mon seul regret est que l’on voit de moins en moins de moineaux. Il paraît qu’ils sont en voie de disparition dans notre région.

Un autre petit bonheur, c’est faire la cuisine. Je ne suis pas un grand chef étoilé, j’aime les choses simples et j’adore cuisiner. D’autant plus que, durant quelques mois, à cause de la maladie, je n’arrivais plus à manger. J’avais l’impression que les aliments restaient coincés dans mon tube digestif et que mon estomac avait rétréci. Heureusement, grâce au traitement que je suis actuellement (chimiothérapie orale + hormonothérapie), les choses se sont améliorées considérablement et j’ai retrouvé mon appétit, ce qui est le meilleur baromètre de mon état de santé. Je frôle même la boulimie, comme si je voulais rattraper le temps perdu. Le seul problème est qu’à cause de la stomie la plus grande partie de ce que je mange et que je bois finit dans ma poche ventrale.

Et puis je lis, je fais la sieste quand j’en éprouve le besoin, je regarde la télé. En résumé, je profite du moment présent en essayant de ne pas m’inquiéter de ce qui arrivera demain.

L’histoire peut commencer

Voilà, le décor est planté. On sait maintenant où se situe l’iléostomie. Comment est-elle arrivée là ? C’est une longue histoire qui a débuté en juillet 2001 avec la découverte d’une petite boule de la grosseur d’une olive près du mamelon de mon sein gauche. S’en est suivi une biopsie qui a déterminé que c’est bien une tumeur cancéreuse, 6 séances de chimiothérapie pour faire réduire la tumeur et éviter l’ablation du sein, une opération pour retirer la tumeur, 3 nouvelles séances de chimiothérapie, de la  radiothérapie, puis 5 ans d’hormonothérapie pour clôturer les choses en beauté.

Ensuite vinrent les visites de contrôle tous les six mois (mammographie, échographie, marqueurs, radio des poumons). Tout semblait normal. La peur de rechute, de récidive, de métastases s’éloignait peu à peu.
Jusqu’au début de l’année 2014 où des problèmes intestinaux ont commencé à se manifester. De consultation en consultation, de passage aux urgences en examens en tous genres, j’ai fini le 2 juin 2014 par me réveiller d’une opération chirurgicale avec une poche, qui n’était pas prévue du tout, accrochée à mon ventre et un verdict sans appel : cancer !

Et je vis avec cette stomie depuis lors. Je l’ai acceptée et apprivoisée et ça n’a pas été facile. Et j’ai aussi accepté ce cancer et décidé de me battre car je ne peux pas me résoudre à baisser les bras. Et je tiens. Pour l’instant.

La suite ….

L’autre jour, mon article s’est terminé de façon un peu abrupte ! C’est la faute d’un de mes fils, Stéphane, qui m’a dit « allez maman, il faut te lancer ! » ; et d’appuyer illico presto sur « publier ». Et voilà comment j’ai inauguré mon blog.
Mais j’étais en train de parler de ma stomie et je n’avais pas fini mes explications.

« Stomie » vient du mot grec « stoma » qui veut dire « bouche ». En ce qui concerne les intestins il en existe deux types :

  • iléostomie quand la dernière partie de l’intestin grêle est unie à la peau de l’abdomen (un peu plus de 20 000 personnes sont concernées en France)
  • colostomie quand la stomie est faite au niveau du colon (environ 80 000 personnes en France)

J’ai une iléostomie. Je ne suis pas médecin, je ne peux donc pas donner d’explications médicales. Je me contenterai simplement de partager mon expérience.

Ma stomie est une petite ouverture de forme ronde située dans la partie droite de mon abdomen (j’ai des photos mais c’est un peu hard !). Elle ne contient pas de nerfs, elle n’est donc pas douloureuse quand on la touche. Elle s’étire légèrement pour évacuer les selles, mais contrairement à l’anus, elle ne possède pas de muscles pour contrôler les selles ; et ça a son importance !

Maintenant, un peu d’anatomie :

appareil digetif doctissimo.frileostomy convatec.ch

L’image du haut vient du site « doctissimo.fr » et nous donne un aperçu de notre système digestif. Celle du bas (site « convatech.ch ») montre l’emplacement de l’iléostomie.

La suite au prochain épisode ….

 

Retour de chez le véto

Ce matin, ma petite chienne, Gaïa, boitait de la patte arrière droite. Les chiens, c’est comme les enfants, j’aime pas trop traîner pour les emmener chez le médecin, enfin là plutôt le véto.

Petit coup de téléphone et rendez-vous à 15h30. Déjà, quand elle voit que j’arrive avec le collier et la laisse, elle commence à trembler. On arrive chez le véto, elle continue à trembler. On monte sur la balance et là, horreur, elle a grossi ! Je connais le véto, on va se faire disputer, enfin surtout moi. Ma pauvre Gaïa, fini le petit morceau de fromage à la fin du repas. Il faut être raisonnable.
C’est maintenant notre tour, je la pose sur la table d’observation. Le véto la manipule de tous les côtés. Bon, à première vue, rien de grave, peut-être quelques courbatures, une piqûre d’antalgiques et ça devrait passer. Par contre, ses coussinets sont un peu fragiles et ses deux canaux lacrymaux sont bouchés. On a bien fait de venir.

Résultat de la consultation : une bombe pour renforcer les coussinets, des gouttes pour les yeux à mettre quatre fois par jour pendant 10 jours (je sens qu’on va bien s’amuser) et un paquet de croquettes, vu que j’en ai presque plus. Pas pour moi, les croquettes ! Pour Gaïa et Asie, la teckel de ma maman.

Petit détail rigolo : pour voir si les canaux lacrymaux sont bouchés, le véto met des gouttes couleur orange dans les yeux. Il attend quelques minutes. Théoriquement, les gouttes réapparaissent dans la bouche. Si c’est pas le cas, c’est bouché.

Le plus drôle, c’est que les gouttes sont ressorties pendant le trajet du retour dans la voiture et que j’ai eu l’impression d’avoir un chien extraterrestre : yeux couleur orange et truffe couleur verte ! Jugez du résultat (on voit pas bien mais je vous assure que son nez est vert) :

gaïa véto

Allez, je vous laisse. A plus, et surtout, portez-vous bien !